Epidémie de grippe : quels effets attendus pour l’évaluation des vaccins ?

10 janvier 2019

L’épidémie de grippe est en retard, mais son apparition est tout de même attendue. Chaque année en France,elle touche en moyenne 2,5 millions de personnes et cause environ 4000 à 6000 décès, principalement chez les personnes âgées. Pour les éviter, une campagne de vaccination contre la grippe est organisée chaque automne. Elle fait l’objet d’une politique incitative de la part des autorités de santé. La diffusion du virus fait ensuite l’objet d’une surveillance épidémiologique élargie. Les données de surveillance de Santé Publique France sont mises à disposition du public dans un bulletin de surveillance hebdomadaire accessible en ligne.  

Mesurer l’efficacité des vaccins : quelles finalités ?

L’une des particularités des vaccins antigrippaux est l’évolution de leur composition chaque année sur recommandation de l’OMS, en fonction des souches virales qui sont le plus susceptibles de toucher les populations. Du fait de cette particularité, l’approche préventive de l’épidémie implique également une estimation de leur efficacité, qui sera d’autant plus précise si elle est réalisée à grande échelle.

I-MOVE : un réseau dédié à la mesure de l’efficacité des vaccins antigrippaux

En Europe, la coopération scientifique est à l’oeuvre depuis 2007, à travers I-MOVE (Influenza Monitoring Vaccine Effectiveness in Europe), un réseau dédié à cette mesure.

I-MOVE met  ses données à disposition des autorités de santé dès que possible après le début de l’épidémie saisonnière ou d’une pandémie. Il leur offre ainsi des clés pour déployer une  réponse adaptée, et notamment :

  • Décider des recommandations à communiquer pour l’utilisation du vaccin,
  • Cibler les mesures complémentaires ou alternatives (par exemple, antiviraux) pour les sous-groupes de population dans lesquels le vaccin est moins efficace,
  • Estimer précisément l’impact des stratégies actuelles de vaccination sur la maladie pour soutenir les campagnes de vaccination,
  • Déclencher d’autres recherches sur les vaccins saisonniers et pandémiques (améliorer la composition, l’utilisation d’adjuvants, le besoin de doses de rappel).

Des données utiles pour la prévention au niveau mondial

Le réseau permet également d’orienter d’autres politiques de prévention de l’épidémie de grippe dans le monde. Ainsi, en février 2019, les données du réseau I-MOVE seront mises à disposition du comité de l´OMS qui décidera la composition du vaccin saisonnier de l’hémisphère Sud.